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Arts primitifs C'est avec la fondation du musée ethnographique du Trocadéro, en 1878, que les Européens découvrent les arts d'Amérique, d'Océanie et d'Afrique. Ceux-ci sont alors peu estimés et considérés comme « inférieurs » la France étant alors une grande puissance colonisatrice. Les artistes s'intéresseront cependant, plus ou moins par hasard d'ailleurs,à cette « nouvelle » forme d'art.
Les critiques ne s'accordent pas sur une même version quant à la diffusion de l'art primitif au sein de l'élite artistique de l'époque, mais il est certain que Maurice Vlaminck a été l'un des premiers à acquérir quelques statuettes, que Picasso est entré en possession celles-ci et qu'elles ont eu sur lui un impact considérable. C'est lors d'une visite au musée du Trocadéro que le peintre sera définitivement séduit par ce nouvel art, pourtant pas très évident à accepter. André Malraux témoigne, dans son livre La Tête d'obsidienne de ce refus et attrait simultané: « Quand je suis allé au Trocadéro, c'était dégoûtant. Le marché aux puces. L'odeur. J'étais tout seul. Je voulais m'en aller. Je ne partais pas. Je restais. J'ai compris que c'était très important : il m'arrivait quelque chose, non ? »
Si l'art primitif est si important pour Picasso, c'est que celui-ci veut aller au-delà de ce que ses contemporains ont déjà accompli, recherchant pour le faire un nouveau mode d'expression picturale. Or les arts africains par leur simplicité et la « nouvelle » - pour les occidentaux - approche qu'ils proposent de la forme par une simplification géométrique de celle ci, fascinent immédiatement l'artiste.
"J'ai compris pourquoi j'étais peintre - dit-il à propos de sa visite au Musée - Tout seul dans ce musée affreux, avec des masques, des poupées peaux-rouges, des mannequins poussiéreux".
Les Demoiselles d'Avignon ont dû arriver ce jour-là. Or avec les Demoiselles d'Avignon c'était le cubisme qui naissait. |
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